Lettre ouverte de la CGT et de l’UFICT CGT au Président de la République en visite à Reims, le 6 novembre 2018

Monsieur le Président,

 

Vous serez en visite à l’hôtel de ville le 6 novembre 2018.

A la demande de vos services, l’ensemble des agents et cadres municipaux et communautaires ont été priés de quitter les lieux dès 17 heures.

Officiellement par mesure de sécurité.

Un hôtel de ville vidé des personnels

Nous estimons qu’il en est ainsi car vous savez que la politique que vous menez est rejetée par une très grande majorité de nos concitoyens.

72 % des français estiment ainsi avoir perdu en pouvoir d’achat depuis votre élection

Votre niveau d’impopularité est tel qu’à chacun de vos déplacements un retraité, une infirmière, un étudiant, un chômeur, des handicapés, des cheminots ou d’autres catégories encore vous interpellent de manière directe et sévère.

Dans un tel contexte, éviter de rencontrer nos collègues ou notre organisation syndicale n’est pas anodin. Nous aurions pu vous interroger sur votre volonté de supprimer 70 000 postes de fonctionnaires territoriaux et bien d’autres mesures que vous portez et qui constituent un recul social.

Une lettre ouverte pour dénoncer un grave recul social dont vous êtes le responsable

Puisque vous refusez désormais à tout contact avec celles et ceux que votre politique impacte quotidiennement de manière négative, nous avons décidé de vous adresser cette lettre ouverte.

Un constat s’impose et se renforce, celui d’une politique idéologique visant à la destruction de notre modèle social, favorisant notamment l’explosion des inégalités, la casse des droits collectifs et la montée de l’extrême droite.

La destruction massive des acquis sociaux

Cette politique, ainsi que les mesures encore récemment annoncées par le gouvernement, relèvent d’une logique d’individualisation mettant à mal la solidarité et la justice sociale, valeurs essentielles de la cohésion sociale, et fragilisant une fois de plus les plus faibles, les précaires et les plus démunis.

Qu’il s’agisse :

– des risques qui pèsent sur les droits des salariés et demandeurs d’emploi en matière d’assurance chômage ;

– de la remise en cause du droit à l’avenir des jeunes par l’instauration d’une sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur organisée notamment par la loi « Orientation et réussite des étudiants » (ORE) et par le gaspillage que constitue le service national universel,

– des destructions d’emplois au travers de la désindustrialisation ;

– des attaques portées à notre système de santé ;

– de la destruction de notre système de retraites ;

– de l’augmentation de la CSG ;

– de l’augmentation des taxes sur les carburants ;

– du gel des prestations sociales ;

– des atteintes au service public et au statut des fonctionnaires, en particulier CAP 2022 ;

Concernant ce dernier, dans la continuité de vos prédécesseurs Nicolas Sarkozy avec la RGPP et François Hollande avec la MAP, tout en les dépassant, vous élaborez une arme de destruction massive du service public et du statut de la fonction publique.

CAP 2022 et contractualisation

Au demeurent, CAP 2022 se conjugue à la politique de contractualisation avec les collectivités et EPCI. Ce pacte de responsabilité et les 12,5 milliards de réduction de dotations de l’Etat programmée entre 2014 et 2017 ont pour effet de placer la majorité des collectivités locales dans une situation d’impasse financière à compter de 2018 avec un risque de récession sans précédent de l’activité économique et sociale et de l’emploi public et privé aux plans national et local.

La Fonction publique territoriale particulièrement impactée

La Fonction publique territoriale est particulièrement impactée : baisse des moyens et effectifs, augmentation de la précarité (34,7 % d’agents non titulaires), privatisation de missions, dégradation des conditions de travail et d’accueil des usagers, augmentation des tarifs pour le public, fermeture de lieux publics (mairies, centres sociaux, bibliothèques, piscines…) et désertification, notamment dans la ruralité et les périphéries des Métropoles, éloignement des services publics, réduits à un site internet…

Le Grand Reims et la Ville de Reims n’échappent pas à ces processus destructeurs. La Communauté Urbaine du Grand Reims l’est particulièrement dans sa dimension rurale qui représente 95 % de son territoire de 1500 km². Les non remplacements d’agents suite à une mobilité externe ou à un départ à la retraite impactent gravement les conditions de travail et la qualité du service public.

Ce dernier résultat n’est d’ailleurs pas un hasard. Votre stratégie pour parvenir à la destruction du service public est connue.

Elle s’appuie sur 3 axes : Couper les vivres des administrations publiques, réduire les missions et champs d’intervention publics, casser le statut des fonctionnaires et discréditer la Fonction publique et ses agents aux yeux de l’opinion et des usagers.

La CGT et l’UFICT CGT dénoncent votre conception politique ultra libérale de la décentralisation, votre politique d’austérité budgétaire et le déni de démocratie politique et sociale qui accompagnent sa mise en œuvre.

Les proposition de la CGT

Face à la destruction programmée des services publics de proximité et des emplois publics, à la détérioration des conditions de travail, aux mobilités forcés consécutives aux transferts et mutualisations de services, la CGT est porteuse d’exigences et de propositions :

  •  Pour le développement et la démocratisation des services publics,
  • Pour le développement d’une fonction publique sous statut nécessaire à la permanence d’une administration neutre, impartiale, égalitaire, indispensable au respect des droits fondamentaux des citoyens,
  • Pour le développement des garanties en matière d’organisation et de conditions de travail respectueuses des agents.
  • Pour le développement de la démocratie sociale.

Le 6 décembre, le vote CGT et UFICT CGT

Le 6 décembre 2018, nous invitons les agents et cadres du Grand Reims à voter CGT et UFICT CGT pour vous dire leur attachement à leurs missions de service public et à leur statut de fonctionnaire territorial, c’est-à-dire à refuser la politique anti sociale que vous menez.

LA CGT et l’UFICT CGT du Grand Reims

 

 

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